2010
01.13

google china Google versus China

MAJ (18/01) : Il semblerait, d’après Mc Affee et Verisign, que les vilains Chinois aient utilisés, entre autre, une faille dans les documents PDF, ainsi qu’une faille dans Internet Explorer, encore inconnue à ce jour, touchant toutes les versions d’IE. Cette dernière a été rendue publique et est en cours d’analyse. Par ailleurs, le gouvernement Allemand et le CERTA recommandent aux entreprises (aux données sensibles en particulier) d’arrêter d’utiliser IE (« d’utiliser un navigateur alternatif », pour être précis) en attendant que Microsoft publie un patch pour combler cette faille. Ah bon? icon smile Google versus China

« Ce n’est pas Google qui se retire de Chine, c’est la Chine qui se retire du monde. »

Ou encore la phrase résumant probablement le mieux la situation actuelle sur le net en Chine.

C’est bien connu, la Chine est désormais célèbre pour ses accès vers le monde extérieur totalement filtrés sur la Toile, et ce depuis déjà un bon bout de temps. Et cela ne fait qu’empirer au fil du temps… Les 3 sites les plus importants du net (à savoir Google, Facebook et Youtube) sont bloqués ou très filtrés, et remplacés par des sites clones « made in China », et le « Great Firewall of China » continue toujours son petit bout de chemin. Certains parlent même désormais d’une sorte de vaste « Intranet Chinois », aboutissement des pressions gouvernementales qui, ces dernières années, ont tout fait pour marginaliser les géant du net, entreprises occidentales et notamment Américaines.

Cela fait donc plusieurs années que le géant Google (depuis début 2006) s’est installé en Chine. Dès son arrivée, le moteur de recherche avait accepté de s’auto-censurer à la demande du gouvernement Chinois. Et ce ne sont pas les seules offenses que Google s’est vue infliger depuis, il y eu principalement les accusations de la Chine comme quoi le fameux moteur de recherche hébergeait et propageait du contenu pornographique, accusation que Google a encaissée sans sourciller, et s’est vu demander de purger ses liens vers les sites étrangers ainsi que son contenu Chinois. Autre exemple, les photos de Tiananmen, notamment celle de « l’homme au char », furent enlevées des résultats de recherche et remplacées par des photos touristiques de la fameuse place, et ceci pour tout ce qui pourrait éventuellement gêner le gouvernement.

C’est donc mercredi matin (13/01) que nous apprenons par le biais de… euh… tous les blogs et sites d’infos du net… que Google a décidé de faire un gros fuck à la censure Chinoise en éliminant toute forme de censure appliquée à son domaine Chinois (google.cn quoi!). Mais pourquoi ce geste risqué, surtout après avoir tant subie les caprices du gouvernement sans vraiment broncher tout ce temps? Le déclic est venu d’un piratage massif, ciblé, organisé et très sophistiqué contre Google (ainsi qu’une vingtaine d’autres grosses boites) de la part du gouvernement Chinois (ya de fortes chances vu la cyber-puissance de frappe). Ce dernier tentait de pénétrer les serveurs de Google avec comme finalité, il semblerait, d’accéder aux comptes Gmail de dissidents Chinois. Google se plaint également de s’être fait volé sa propriété industrielle, et voyons ce qu’ils pensent de tout cela :

These attacks and the surveillance they have uncovered–combined with the attempts over the past year to further limit free speech on the web–have led us to conclude that we should review the feasibility of our business operations in China. We have decided we are no longer willing to continue censoring our results on Google.cn, and so over the next few weeks we will be discussing with the Chinese government the basis on which we could operate an unfiltered search engine within the law, if at all. We recognize that this may well mean having to shut down Google.cn, and potentially our offices in China.

David Drummond ne manquera d’ailleurs pas de faire le lien avec l’opération Ghostnet révélée l’année dernière, concernant un vaste réseau de cyber-espionnage basé en Chine. Ce réseau puissant aurait pénétré et volé des documents dans des centaines d’ordinateurs de services gouvernementaux ou privés à travers le monde.

Il faut savoir que Google a toujours son équivalent Chinois (lui aussi filtré hein) : Baidu ! Ce dernier trône avec 60% des recherches sur le web devant Google et ses petits 30%. Baidu est loin d’être la seule réplique de « gros sites » du web. Tout d’abord, mis à part Google, voici une liste, non-exhaustive, des sites communautaires étrangers qui sont bloqués : Facebook et Youtube, c’est encore Twitter, Flickr, Dailymotion, WordPress, Blogger, Vimeo et même Bing (moteur de recherche de Microsoft pour les profanes). La plupart d’entre eux ont donc leur clone à la chinoise, interface souvent identique, mêmes fonctionnalités, etc… voyez vous même :

Bien entendu, ils est possible pour les internautes Chinois de contourner ce filtrage, notamment en passant via des proxys (anonymouse.org, …) ou encore en utilisant l’extension firefox « gladder », contraction de « great » et « ladder » qui rappelle aisément une manière de franchir le « Great Firewall of China ». Gladder référence la plupart des sites bloqués et permet d’y accéder en passant facilement par un proxy. Une autre solution serait de se connecter à un serveur VPN basé à l’étranger, et en l’occurrence dans un pays où il n’y a aucune restriction.

Mais la jungle d’Internet a également ouvert une brèche dans le contrôle de l’information, créant l’unique lieu de liberté relative en Chine, malgré les contrôles et les filtrages, malgré les arrestations et les menaces. Alors dans cette lutte perpétuelle entre le gouvernement Chinois et sa liberticide grande muraille numérique, et la liberté d’expression des internautes, le combat continue de faire rage, même si les 2 clans ne combattent pas avec les mêmes armes.

Calomnié dans le monde entier comme faisant figure d’une puissance hégémonique menaçante , Google tente d’apparaître comme le détracteur de l’oppression liberticide régnant en Chine, et par extrapolation comme le fief de la liberté numérique dans le monde. On en pensera ce qu’on voudra, Google est le microsoft d’hier, en position de « trop » grand monopole, économiquement très viable mais politiquement très dangereux. Google vient peut-être de réaliser qu’il était temps de redorer un peu les valeurs de son fameux slogan que la firme tendait à oublier : « Don’t Be Evil »…

Be Sociable, Share!
  • more Google versus China

Aucun commentaire.

Ajoutez votre commentaire