2010
08.31

diaspora Laprès Facebook avec Diaspora, utopique ou réalisable?

Du haut de ses 500 millions d’utilisateur et de sa valeur estimée à 33 milliards de dollars, le géant Facebook a-t-il des soucis à se faire à la vue du projet Diaspora qui commence à pointer le bout de son nez?

Diaspora? C’est quoi?

Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, Diaspora est un projet open source se voulant être une alternative à Facebook. Diaspora sera ainsi un nouveau réseau social, mais soucieux du respect de la vie privée, contrôlé par les utilisateurs et décentralisé.  Quatre étudiants américains de la New York University sont à l’origine de ce projet audacieux : Daniel Grippi, Maxwell Salzberg, Raphael Sofaer, Ilya Zhitomirskiy.

Quel nom étrange !

Une diaspora est la « dispersion d’une communauté ethnique ou d’un peuple à travers le monde » (source: tous les dicos^^). Nous pouvons donc penser que dans le contexte de ce projet, ce nom est relatif à la dispersion des fameuses graines (« seeds », que possèdera chaque utilisateur) sur le web.

Le logo est par ailleurs plutôt bien choisi icon smile Laprès Facebook avec Diaspora, utopique ou réalisable?

Pourquoi créer une alternative à Facebook?

A l’heure où Facebook subit de plus en plus de critiques, notamment du fait que ce soit un réseau social propriétaire, centralisé et peu regardant niveau protection de la vie privée, Diaspora débarque avec ses gros souliers et souhaite proposer un réseau social dont beaucoup considèrent déjà le concept comme un « anti-Facebook ».

On ne peux effectivement pas vraiment dire qu’en ce moment Facebook soit au meilleur de sa forme médiatique, il nage plutôt au milieu des nombreuses polémique sur le respect de la vie privée, des articles un peu partout sur le web expliquant comment rompre les liens avec le fameux réseau social, de la confusion et les doutes régnant au sein des utilisateurs, et des interminables interrogations sur la confiance que nous pouvons accorder à une entreprise privée pour conserver nos informations personnelles.

Connaissons-nous réellement les risques, à terme, de confier la gestion de notre identité numérique à une entité privée comme Facebook?

Alors que l’image de Facebook s’érode, le magazine Wired s’empresse de publier un article au titre évocateur « Facebook’s gone Rogue, it’s time for an open alternative« . Traduisez « Facebook est devenu malhonnête, le temps est venu pour une alternative ouverte« .

Comme une réponse anticipée à cet appel, les 4 américains décident de se lancer dans ce projet s’articulant autour de 4 mots d’ordre : Respect de la vie privée, contrôle par les utilisateurs, décentralisation et open-source. Par ailleurs, nous verrons plus loin que ce ne sont pas les seuls à s’essayer à ce genre de projet…

Le potentiel de Diaspora?

Afin de financer leur projet, les jeunes étudiants ont eu la bonne idée d’utiliser le site Kickstarter, site permettant de partir à la recherche de financements pour un projet quelconque, et ce dans de nombreux domaines (musique, cinéma, développement, design, inventeurs, …). Ils espéraient ainsi récolter environ 10 000 $ pour se lancer.  Près de 6 500 donateurs (dont le  fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg) ontofferts  en tout la maudite somme de 200 000 $, en seulement quelques jours !  On peut confortablement s’avancer en disant qu’au niveau financier, ils devraient s’en sortir pour débuter…

Niveau utilisateur, il sera libre de gérer ses données, en paramétrant quel contenu sera accessible à ses différentes relations : amis, famille, collègues, autres… Cette gestion s’effectuera via des serveurs web persos, on parlera de « seed » (graine), c’est cette graine qui s’installera sur l’ordinateur de l’utilisateur et qui stockera les informations personnelles, qui ne seront donc pas conservées dans un lieu inconnu. Tout le monde ne possédant pas un serveur web (oh ?!), un système d’hébergement payant sera probablement mis en oeuvre.

La décentralisation, relative, de Diaspora sera un atout majeur du projet. Pourquoi relative? Tout simplement car les données personnelles de l’utilisateur seront mieux canalisées et ne seront ainsi plus dispersées dans une myriade de services sur le net, elles seront ainsi centralisées sur l’ordinateur de l’utilisateur. D’un autre côté, l’installation de diaspora chez soi, afin de permettre à l’utilisateur de bien gérer ses données personnelles, fera bien de lui un outil décentralisé (chez Facebook, les données sont toutes stockées sur leurs serveurs). Cela peut paraître paradoxale, mais c’est tout l’intérêt du projet !

Le code source de Diaspora sera sous licence open source GPL Affero (aGPL). Si le projet tourne bien, une communauté pourra se créer afin de faire évoluer plus rapidement le projet par la suite.

Le projet Diaspora : utopique ou réalisable?

Ah! Enfin la question fatidique! Ce projet bourré de bonnes idées et de bonnes intentions n’est-il pas un peu ambitieux? Il s’agit tout de même de détrôner Facebook et ses 500 millions d’utilisateur au compteur !

A première vue les idées sont bonnes, l’argent est là, la volonté sans aucun doute, les capacités je n’en sais rien, et les attentes sont très fortes…! Bon, sur le papier, ça fait assez classe, mais concrètement, à qui ce projet s’adresse t-il? On nous dira « bah à tout le monde bien sûr!! », mais personnellement, je doute fort que cet outil, qui reste toutefois un minimum obscure techniquement parlant, sera aussi simple que Facebook à prendre en main. La communauté geek sera certainement, du moins au départ, prédominante dans l’utilisation de Diaspora.

Et de toute manière, les gens sont-ils capables de lâcher en masse leur compte facebook, les gens sont-ils prêts? Vous avez accumulé un nombre impressionnant d’amis (pour la plupart imaginaires), vous avez l’habitude de facebook, vous avez vos photos et celles de vos potes dessus, c’est pas trop moche, ça fonctionne bien, c’est simple, ya du monde dessus… Allez donc dire à votre voisin/voisine ado prépubère (50% des utilisateurs…? Mauvaise langue? Pas sûr!) de lâcher son compte facebook car l’entreprise privée qui gère tout ça n’est pas très consciencieuse au niveau de la vie privée des gens… Ils s’en tamponnent royalement icon smile Laprès Facebook avec Diaspora, utopique ou réalisable? Pour réussir, Diaspora devra beaucoup travailler sur l’ergonomie et l’esthétique afin attirer en masse les internautes.

Diaspora reste encore un projet, qui n’en est par ailleurs qu’à ses balbutiements, rien n’est encore joué ! Des étudiants ayant des bonnes idées, il y en a énormément, tant que le projet n’a pas été mené à son terme et que les « promesses » ne sont pas tenues, on ne peut pas vraiment s’avancer sur la crédibilité à apporter à ce projet souhaitant concurrencer Facebook.

Mais mais mais… C’est du flan alors? :'(

Non pas vraiment, on peut juste dire que, pour le moment, ce projet relève un peu de l’utopie, principalement de part sa difficulté de mise en œuvre, la manière encore un peu obscure de l’utiliser et surtout sa capacité d’attraction par rapport à Facebook.

Je paraît un peu (beaucoup) sceptique, je vais donc tout de même être un peu gentil, et noter que l’initiative de ce projet est en effet très intéressante.

Cependant de nombreux autres projets plus ou moins similaires émergent déjà par ci par là, comme par exemple Movim, NoseRub, StatusNet, OneSocialWeb, TheMineProject, Lorea

Projet à suivre donc… ou pas.

(Je suis très mitigé …! Ah? ça se voit?)

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2 commentaires pour le moment

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  1. « Tout le monde ne possédant pas un serveur web (oh ?!), un système d’hébergement payant sera probablement mis en oeuvre. »

    Si on part du principe que la communauté sera essentiellement composée de geeks, la possession d’un serveur web parait logique, cependant si on prend l’ado pré-pubère (ou n’importe quel péquin utilisant Facebook), combien ont bel et bien un serveur web ? et combien ont les capacités de tenir en état un serveur web ?
    Cela me laisse perplexe dans le sens qu’il faudra surement mettre la main à la poche pour une grande partie des utilisateurs afin de décentraliser ses données personnelles.
    Et une autre question me vient à l’esprit, pouvons-nous utiliser Diaspora si nous ne possédons pas de serveur web ou si nous ne voulons pas acheter l’hébergement proposé ?

    J’attends donc de voir et d’obtenir d’autres informations sur le sujet.

  2. pas oubliger acheter 1 hebergeur il en a des gratuit poddery.com en est 1 bon sur se salut !!!